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 Chroniques de la Lame d'Opale.

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Manwë
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MessageSujet: Chroniques de la Lame d'Opale.   Sam 12 Jan 2013, 22:39

Y a un fluff pour mon vaisseau-monde.. y en a donc un pour mes corsaires =D

Il est plus récent, donc il n'y a pour le moment que peu de choses écrites (5 6 pages pour le moment).

Le texte ci est amené à changer, je ne l'ai pas énormément relu pour l'instant, donc il est assez brute de décoffrage^^"

Chroniques de la Lame d'Opale:



Prologue :


Un fin rayon de lumière surnaturelle perçait à travers les tours et les flèches, jusqu'au chemin tortueux qu'elle empruntait à présent. La lueur légèrement verdoyante se reflétait sur les murs sombres et corrodés, irradiant dans le couloir qui s'élançait devant elle comme un serpent à travers les abysses. Les temps avaient bien changés depuis que les Cultes du Soleil avaient emprisonnés ces astres, parangon de puissance et de pouvoir, à présent asservis à leurs maîtres. Ce même temps qui avait soufflé l'ancienne gloire de l'Empire, en un battement de cil. Un temps où les Eldars dominaient ce monde. Les mon keighs tremblaient à la simple évocation d'un seul d'entre eux, des systêmes entiers étaient soufflés par la guerre et déplacés par leur simple volonté, les soleils vivaient et mouraient selon leur bon vouloir. Tout ce savoir à présent perdu. Cela éveillait en elle des souvenirs lointains, de faste et d'opulence, d'arches et de lumière dorée. Elle s'avança de plus belle à travers les ombres, où des yeux l'épiaient constamment dans le noir. Telles étaient les Bas-fonds de Commoragh, demeure d'assassins, et de créatures sans noms au service des puissants de la Ville Haute. Un endroit idéal pour celui qui désirait échapper à la convoitise et aux intrigues. Un endroit parfait pour un contact ou...

D'un geste vif, elle plongea de côté, alors que l'aiguille acérée frôlait sa chevelure d'ébène. Sa catapulte shuriken envoya prestement une rafale d'étoiles micro-moléculaires à une vitesse effroyable, qui lacérèrent les ombres d'où une silhouette encapuchonnée s'effondra, dans une marre d'un sang pourpre qui s'écoula sur le sol tel un fleuve des contrées de jadis. Une lame scintilla dans le noir sous l'infime lueur verdoyante, et celle ci rencontra avec force et vigueur sa lame d'opale, dans un bruit assourdissant qui résonna dans le couloir ténébreux comme un coup de tonnerre. Le choc émécha profondément la lame, sans doute enduite d'une substance mortelle, car l'épée qu'elle tenait n'avait point été forgée par les artisans de cette cité. C'était un cadeau. Un cadeau, venu des temps reculés, un cadeau symbole d'une ancienne allégeance à présent révolue. Le symbole de ce qu'elle avait jadis juré de protéger. Son adversaire était rapide, et ses gestes fins et précis. Elle évita de justesse un coup de taille à l'abdomen, et riposta d'un estoc qui manqua de trouver son but, dévié au dernier moment par la lame recourbée de son ennemi. Elle pouvait voir ses yeux sous ce lourd drapé, et un sourire malicieux barrer son visage. Il semblait prendre un plaisir certain à jouer avec elle, sans doute tout en pensant à ce qu'il ferait de son corps une fois vaincue. Elle savait qu'elle ne partait pas gagnante, car cet adversaire était ombre et ténèbres. Les êtres de la Cité Noire vivaient dans une telle obscurité que leur vue s'en était accommodée. Et de tout ces êtres, les habitants des Bas Fonds étaient les plus dangereux. Forgés dans le sang et la mort, façonnés par la peur constante qui régnait en ces lieux, leur vitesse et leur précision étaient inégalables. Le danger était partout, dans le moindre recoin, dans le moindre interstice, à chaque embranchement, sous chaque arche. Certaines histoires racontaient que même les ombres pouvaient se mouvoir. Il ne faisait pas bon s'aventurer en ces lieux pour les simples mortels. Mais elle n'était pas une simple mortelle.

D'un coup puissant de sa garde, elle repoussa son adversaire, un instant sonné. Elle délivra une puissante rafale de shurikens, mais il plongea dans les ombres pour l'éviter avec agilité. C'est à cet instant précis qu'elle exploita la faille dans la garde de son adversaire. Lâchant sa catapulte, elle fondit sur lui, en mettant au clair sa lame courte. Elle feinta de la droite, d'un coup ample de sa lame d'opale, qui fût implacablement repoussé d'une sixte maîtrisée et parfaite. Tournant autour du bras de son adversaire, sa dague s'élança d'un geste vif qui trancha sa main d'épée au niveau du poignet, comme s'il s'était agit d'une simple brindille. Celui ci hurla, dans un cri faisant plus penser à un râle de plaisir qu'à une manifestation douloureuse. Sa dague s'enfonça profondément sous le menton de l'eldar, alors que leurs regards se croisaient. Elle pouvait y déceler dans la lueur douce de ses pupilles la malice, le danger, ainsi qu' un sombre pouvoir. Puis la lueur se fit plus ténue, jusqu'à s'éteindre. Alors, le corps de l'assassin tomba comme un poids mort, vaincu. Elle se releva, essuya ses lames ouvragées sur les drapés de son ennemi. Avant de les remettre aux fourreaux, elle traça sur le front du vaincu la Rune de Sang, symbole de Kaela Mensha Khaine, le Dieu Eldar de la Guerre, puis récita une prière en son honneur. Se redressant, elle alla ramasser sa catapulte shuriken non loin de là. C'est en cet instant qu'une phrase la frappa, un avertissement venu d'une vieille amie : « Nash anar kaer'ith karwaren.  Toujours par trois ils vont. »

Alors elle se retourna, lentement, prête à faire face à la mort. Et c'est là qu'elle les aperçut : deux lueurs dans le noir. Deux yeux qui l'épiaient. Elle perçut alors sa propre fin. Un petit rire s'échappa des ombres, au moment où l'assassin mit en marche son arme, qui éclaira l'obscurité d'une vive lumière d'un ton bleuté. Il n'eut jamais le temps de l'utiliser. Une ombre fugace passa au loin, et l'instant suivant, le cadavre de l'eldar s'écrasait à terre, la gorge tranchée nette. Un rire doux et mélodieux résonna à son tour dans le couloir :

« Décidément, tu n'apprendras donc jamais !» lui lança la voix féminine depuis les hauteurs.

S'avançant dans la lueur qui éclairait le couloir, la silhouette se montra. Longiligne, engoncée dans une armure immaculée mettant en avant les formes avantageuses de son corps, elle aurait pu éveiller le désir chez n'importe quel eldar qui se respecte, et même parmi les plus sages des vaisseaux-mondes. Sa longue chevelure d'argent cascadait jusqu'à ses cuisses, et elle portait au côté une somptueuse lame ouvragée, à demi cachée par le pagne brodé qu'elle portait autour de la taille. D'une acrobatie comme seules les plus gracieuses eldars ont le secret, elle descendit de sa position pour atterrir avec agilité devant elle.

«Je déteste quand tu fais ça, Sar'ael ! » lui lança t'elle avec force.

«Bonjour, Anarwen... moi aussi je t'aime. Oh, à ce propos... » lui répondit Sar'ael, d'un air songeur.

Anarwen sentit alors une lame contre sa nuque, froide et oppressante. Elle n'avait rien ressenti, et n'avait rien vu venir, malgré ses sens affinés d'eldars, et un bon nombre de temps passé dans la Cité Noire. Ce qui la menaçait alors s'était déplacé tel une ombre dans les ténèbres ! Elle sentit un parfums caractéristique, ainsi qu'un visage proche du sien.

«… tu es morte deux fois. » ajouta alors Sar'ael, un léger sourire en coin décorant ses lèvres charnues.

La lame quitta alors sa nuque, et elle entendit le bruit caractéristique d'une épée retrouvant la protection de son fourreau. Celle qui l'avait surprise la dépassa, et alla se flanquer aux côtés de Sar'ael, lui posant amicalement un bras sur l'épaule. Portant la même armure, les deux eldars arboraient le même visage rayonnant, ainsi qu'un teint pâle caractéristique de ses cousins de Commoragh. Elles ne se distinguaient que par les armes qu'elles portaient aux côtés, ainsi qu'à la longue tresse que la deuxième eldar avait ramenée sur ses épaules, et qui lui tombait au devant du corps. Des jumelles. Toutes deux sourirent à Anarwen, et les voir ainsi la réconforta quelque peu.

«Et c'est maintenant que vous apparaissez toutes les deux ? J'aurai pu y laisser la vie ! » lança t'elle avec colère.

« Et bien, disons que nous admirions le spectacle. Qu'en dis tu Sar'yth ? » rétorqua alors Sar'ael à sa soeur.
« Il faut dire qu'un mon keigh n'aurait pas fait mieux. Très impressionnant... » répondit Sar'yth sur un ton léger et moqueur.

« Vous voulez que je vous rappelle le dernier combat à l'arène ? » lança Anarwen au couple avec un regard dur.

« Ca ne compte pas ! » répondirent alors en choeur les deux soeurs.

«Comme je m'en doutais. » lança alors Anarwen avec un grand sourire. « Bien, cachons les corps de ces assassins -si nous devons appeler ça des assassins- avant que quelqu'un ne les trouve, et remettons nous en route. Il serait dommage de manquer ce rendez-vous...».

« Moins je trainerai dans ces couloirs repoussant, mieux je me porterai ! La beauté et la grâce de la Ville Haute me manquent profondément. » répondit Sar'yth.

« Allons ma soeur, tu n'en pense pas un mot ! Et maintenant, aide moi à cacher ce corps ! » Lui répondit sa soeur en éclatant de rire.

Les corps des eldars dissimulés dans les ombres des Bas Bonds, les soeurs avancèrent alors dans le couloir. Anarwen resta un instant en arrière. Toutes les trois, elles formaient un trio qui s'était fait un nom dans la Ville Haute, en quelques années seulement. Certaines parmi les plus grandes Cabales murmuraient leurs noms avec respect, tandis que d'autres conspiraient sans relâche pour s'attirer leurs faveurs ou les faire tomber. Aucune n'avait jusque là réussi. Anarwen décrocha alors le pendentif ouvragé qu'elle portait autour du coup. Un arbre élégant fait d'or et d'argent, serti dans un cercle parfait de moelle spectrale, enserrant en son sein une petite gemme d'un bleu ciel parfait. Une larme coula prestement de son oeil droit, qu'elle essuya d'un geste vif. Des souvenirs d'un passé révolu. Un lieu perdu à jamais. Un peuple perdu à jamais. Elle était restée. Elle était restée, et elle était devenu plus forte que ce que son défunt père aurai pu espérer. Ensembles, les trois eldars dirigeaient une flotte qui sévissait sur de nombreux mondes, et dont la force imposait le respect. Une flotte eldar, reliquat d'un paradis perdu, fondue dans les restes d'une Cabale déchue. Qui aurait pu un jour y croire ? Rangeant le pendentif sous son armure, elle repensa à son passé. Les Corsaires de la Lame d'Opale. C'est ainsi qu'ils se faisaient appeler, lorsqu'ils prirent pour symbole la lame d'un blanc nacré que portait Anarwen. Depuis le temps où elle avait choisi de venir à Commoragh. Depuis le temps où cette histoire avait commencé, il y a fort longtemps...
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Voïvode Dajan
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Sam 12 Jan 2013, 22:54

Des personnages interessant, et des scenes de combats remarquablement décrite ( l'usage des shuriken surtout Very Happy )
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etinola
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Sam 02 Mar 2013, 14:26

Technique et vocabulaire effrayant !!!!!! +1 ( le sang gicla telle une rivière des contrées de ..... Very Happy )
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Manwë
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Jeu 14 Mar 2013, 01:55

La suite :p Un peu plus longue, vu que c'est la 1e nouvelle :p Comme d'hab, tous les commentaires sont les bienvenus Smile Y a quelques clins d'oeils dissimulés pour les plus astucieux qui sauront les trouver :p


« And in the shadows of Commoragh, they rised... »


"Ne les sous estimez jamais, de peur de finir comme les proies que vous chassiez jadis." Capitaine Decidius Korak, commandant du Emperor"s Spear.


La clameur monta des gradins, et se répercuta à travers les alcoves et les colonnes ouvragées. Le ciel était bas en ce jour, et l'on pouvait presque percevoir, sous les lourds nuages qui s'insinuaient entre les gratte-ciels, les frontières ténues de la Toile. Des milliers d'eldars s'étaient rassemblés là, avides de carnage, de sang, et de corps démembrés. Un combat à l'arène donnait toujours lieu à un grand spectacle, et à une délectation de souffrance sans égale, excepté surement dans les sombres geôles des Coteries. Soudain, la clameur se tût, alors qu'une nouvelle voix s'élevait au dessus de la foule :

« Messeigneurs, gentes dames ! Une nouvelle fois, je vous souhaite la bienvenue au sein de nos arènes ! » la clameur repris de plus belle, alors que la foule en liesse se levait.

«Laissez moi tout d'abord dédier ce spectacle à Sa Noirceur Asdrubael Vect, Seigneur et Maître incontesté de notre très chère Commoragh ! » le tonnerre d'applaudissement et les cris s'élevèrent une nouvelle fois jusqu'au firmament, et furent entendus jusqu'au palais des Voivodes.

« Mais, n'oublions pas en ce jour la personne sans qui tout cela ne pourrait avoir lieu ! Seigneur de la Cabale de la Lame Scarifiée ! Fléau du systême d'Atalanda Prime ! Messeigneurs, gentes dames ! Acclamez Dayonys Athas, Seigneur incontesté de ces lieux ! ». La foule cria de nouveau, alors qu'une silhouette apparaissait au balcon qui surplombait l'arène. Sis dans une armure sombre de laquelle s'élançait une toge pourpre, le voivode Dayonys portait une lame dessicante finement ouvragée au côté. D'un geste ample, il savoura son triomphe en saluant la foule, et vint s'installer sur son trône, suivi de près par ses deux concubines. Le speaker reprit alors de plus belle :

« Eldars ! Vous êtes ici pour vous abreuver ! Vous êtes ici, car vous êtes les hôtes de la Cabalde de la Lame Scarifiée ! Voyez ! Voyez à présent quel guerrier se présentera aujourd'hui sur le sol sanglant de l'arène, pour votre plus grand plaisir! »

Les grandes portes s'ouvrirent alors, et un guerrier torse nu en sorti. Simplement vêtu d'une toge, il tenait au côté un bolter et une épée tronçonneuse. Un Astartes ! Un guerrier de l'Imperium ! La foule était à son paroxysme, et l'enthousiasme qui s'en dégageait fit sourire Dayonys. Les guerriers de l'Astartes étaient des mets très prisés par les férus de l'arène, mais ils étaient aussi diablement difficiles à capturer. Celui ci avait été capturé lorsque Dayonys et les siens avaient mis à sac la planète Atalanda. Chaque muscle se dessinait avec une précision d'orfèvre sous la peau tannée et blanchie par la noirceur des geôles de Commoragh, et chacun de ses membres était aussi massif que ceux d'une bète sortie tout droit des légendes et des contes. Il se tint là un instant, immense et fier, toisant la foule en liesse du regard. Pas une once de peur dans son regard. Pas une once de terreur transpirant de son corps. Un cru très rare dans la Galaxie, et la principale raison pour laquelle les astartes étaient si convoités aux arènes. Puis les portes des geôles s'ouvrirent, sous la liesse décuplée de la foule, et une vague de créatures faites de griffes, de crocs et de lame en sortit. Sans trembler, le space marine enclencha le mécanisme de son épée tronçonneuse au moment où...


Dayonis sorti de sa transe et revint au monde réel. Parcourir ainsi ses souvenirs à l'aide de cette poudre achetée auprès de la B.V.C lui fournissait une source quasi infinie de plaisirs, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Les encouragements de la foule le firent revenir à lui rapidement, et il porta son attention sur le balcon. Devant lui, ses serviteurs avaient enchainé les deux princesses, nues, face au centre de l'arène, prêtes à contempler le spectacle de leur propre chute. Au moins,leur combat serait plus prestigieux que ce piètre guerrier ramené d'un raid sur ce pathétique monde mon keigh. Faible, faible guerrier. Balayé en quelques secondes, cet esclave mon keigh ramené des lointaines planètes orientales n'avait fourni qu'un spectacle pitoyable, tremblant de peur et sachant à peine blesser de son sabre rituel. Mais voilà que le prochain combat s'annonçait... et ça n'était pas tous les jours que l'on voyait un Grand Voivode mourir aux arènes!

« Messeigneurs, gentes dames ! Préparez vous, pour le sommet de cette journée ! Que dis je, l'apothéose ! Messeigneurs, comtes et duchesses ! Reines et princes ! Laissez moi vous présenter celui qui fut jadis Grand Voivode de la Cabale de la Lame Scarifiée ! Maître incontesté de nos vies ! Premier parmi les premiers ! Accueillez comme il se doit notre future victime, Valerion Azthar le Déchu ! »

Le tonnerre d'applaudissements et de cris qui accueillit cette annonce fit frémir la peau de Dayonis comme si une liqueur glacée parcourait ses propres veines. Valerion était enchainé, escorté par deux incubes, et portait son armure légendaire, sertie de gemmes pourpres et luisantes comme les yeux d'un démon. Sa lame pendait à son côté droit, et un pistolet ouvragé était rangé dans son étui, sur sa hanche gauche. De son visage ne transpirait ni peur ni douleur, ni haine ni colère. Il demeurait impassible, affrontant la mort comme les guerriers de jadis. Les deux gardes vinrent l'enchainer au piédestal qui trônait au centre de l'arène, puis repartirent sans un mot. Les portes de l'arène s'ouvrirent, alors que les entraves de Valerion cédaient. Un guerrier en sorti, d'un pas nonchalant, tenant à la main un klaive ouvragé et scintillant. Il s'avança jusqu'au centre de la pièce, sous l'acclamation de la foule en liesse, et se tint devant Valerion. Les deux guerriers se saluèrent, et entrèrent dans le cercle. L'engagement fut si rapide qu'il surprit Dayonis lui même. Valerion fit jaillir avec une vitesse fulgurante son pistolet éclateur, qui envoya une rafale acérée d'aiguilles empoisonnées droit sur son adversaire. L'incube fit un pas de côté et du plat de sa lame, brisa le poignet du voivode, dont le pistolet tomba à terre. La riposte ne se fit pas attendre, et le klaive de l'incube fondit droit sur sa gorge, dévié d'une parade parfaitement maîtrisée de sa lame. Il n'était pas Valerion Azthar pour rien. Mais au fond de lui, il savait qu'il n'avait aucune chance de sortir vivant de ce cercle. Les incubes ne vivaient que pour le combat, ils n'étaient pas comme ces guerriers pathétiques des cabales, prompts à trahir et à poignarder dans le dos. Non, ces guerriers là étaient les plus dangereux et les plus craints, et pour cause. Par dessus tout, ces guerriers possédaient la seule et unique chose qui faisait encore peur à un eldar noir : l'honneur. Prenant la position de la griffe de Shaimesh, il fondit sur son adversaire, sa lame incapable d'être suivie par le commun des mortels. L'incube scinda alors son klaive en deux, et para d'un coup sec la lame de Valerion. D'un geste brusque, la paume de l'un des demi klaives vint heurter le menton du voivode, qui chuta lourdement à terre, la machoire brisée. La foule en délire continuait d'acclamer les duellistes, et sa clameur exponentielle ne manquait pas de combler Dayonis, qui ne perdait pas une seule once de ce spectacle. C'était Son triomphe ! Se relevant difficilement, Valerion prit un instant pour reprendre ses esprits, et engagea de nouveau son adversaire. L'incube tourna un instant son regard vers le balcon de Dayonis, qui lui adressa un léger signe de tête. Au moment où la lame de Valerion allait s'abattre sur l'incube, une tempête d'énergie jaillit d'une pierre fracturée qu'il tenait dans sa main, et vint frapper le voivode de plein fouet. La douleur fulgurante manqua de peu lui faire perdre connaissance, et l'envoya heurter le piédestal central, lui brisant trois côtes. Une quinte de toux lui fit cracher du sang sur le sable poisseux, et il se releva difficilement, en titubant légèrement. L'incube marchait nonchalamment vers lui, ses deux demi klaives à la mains. La vue brouillée, Valerion tenta en vain un dernier assaut mais son épée heurta violemment la lame de son adversaire, et la douleur lancinante au thorax lui fit lâcher son arme. Ne pouvant éviter le coup de taille, il accueillit la mort avec honneur et dignité, sans jamais avoir eu une once de crainte dans le regard. A genoux sur le sable rouge de l'arène, le sang dégoulinant de la plaie qui barrait son abdomen, il eut un dernier regard sur le balcon au loin, vers ses deux filles enchainées, et il leur cria :

« Shall naevar ! N'oubliez jamais ! »

Au même instant, les demi klaives de son bourreau jaillirent, et séparèrent sa tête de son corps, qui s'effondra dans une marre de sang et se mêla au sable impur de l'arène. Ainsi péri Valérion Azthar le Déchu, Voivode de la Cabale de la Lame Scarifiée. Le combat s'arrêta, sous les applaudissements de la foule, le rire noir de Dayonis, et les cris de désespoir des princesses, qui se débattaient...


* * *

Une année ? Dix ? Cents ? Ou des millénaires ? Cela n'avait plus d'importance pour elles. Peu importe le temps, peu importe le nombre des années. Elles avaient affronté nombre d'adversaires dans cette arène, et tous sans exception avaient péris. Même les terrifiants Jumeaux aux Quatres lames avaient trouvé la mort face à elles. Sar'Ael inspecta une nouvelle fois ses lames et son armure. La foule les acclamaient déjà, elle et sa soeur enchainée sur le piédestal. Dayonis voulait en finir, elle le savait. Elles avaient attendu ce moment durant tout ce temps. L'incube qui avait tué leur père. Ce guerrier là allait périr en ce jour ! Les portes s'ouvrirent, et tous scandaient déjà son nom : « Sar'Ael ! Sar'Ael ! ». Elle s'avança vers le centre de l'arène, alors que son adversaire du jour approchait lui aussi. Engoncé dans une armure aux plaques sombres, un casque masquant l'ensemble de son visage, son identité n'était trahis que par son klaive caractéristique. La clameur se fit tonnerre lorsque les deux adversaires se saluèrent. Le combat fut expédié en quelques instants. Avec une vitesse fulgurante, Sar'Ael fondit sur son adversaire et, dans une acrobatie dont seules les plus habiles cérastes en seraient capables, sa lame trouva la faille au niveau du cou de l'incube, et s'enfonça profondément à travers les chairs, sectionnant artères, nerfs et veines. L'incube n'eut même pas le temps de réagir. Il s'effondra, terrassé, sous la foule en liesse qui scandait de plus belle le nom de la princesse. Se tournant vers le balcon des nobles, là où trônaient le voivode Dayonis et sa cours, elle pointa son épée vers lui et, toisant la foule, s'écria :

«Y a t'il quelqu'un d'autre?! » fit t'elle en marchant quelques pas.

« Y a t'il quelqu'un d'autre ?!» reprit t'elle en toisant Dayonis, dans toute sa splendeur.

Celui-ci eut un sourit malsain. D'un geste, il appela deux de ses gardes rapprochés, et leur murmura :

« Cela n'a que trop duré. Il est temps d'en finir une bonne fois pour toute avec ces filles de mon keigh. Dites à Raek de les libérer. »

« Oui, Monseigneur. » fit le plus proche des gardes avant de s'en retourner vers l'escalier menant aux geôles.

Aussi soudainement que le combat s'était terminé, les boucliers de l'arène furent activés, et les grandes herses s'ouvrirent. Cela ne présageait rien de bon, car les boucliers n 'étaient érigés que pour une seule et unique chose : lorsque de terribles créatures étaient envoyées aux arènes! Sar'Ael se précipita vers le piédestal, et sectionna les chaines qui entravaient Sar'Ys. Au même instant, trois créatures immenses jaillirent de leurs cages, faites de crocs, de griffes et de carapaces de chitine, chacune dominait les princesses de plusieurs fois leur taille. L'une d'elle déploya ses ailes et décolla, traçant des cercles au dessus de l'arène. Des Tyranides !

« Qu'est ce que c'est que ça Sar'Ael ? Ca n'était pas prévu ! » s'écria Sar'Ys, dont la voix fut presque couverte par les grognements des créatures.

« Non ma soeur, ça n'était pas prévu ! » fit Sar'Ael en agrippant un canon éclateur posé sur un des râteliers d'armes. « Mais notre mort n'est pas non plus prévue aujourd'hui! ». Le canon cracha des rafales ininterrompues d'aiguilles micro-moléculaires vers la tête de la première créature. La créature ailée -une gargouille astucieusement modifiée par les tourmenteurs- vint fracasser l'une des colonnes d'obsidienne, dans un bruit assourdissant, alors que Sar'Ys courrait vers le deuxième râtelier. S'emparant d'un grappin, elle lança celui-ci de toutes sa force, eu moment où la créature passait une seconde fois au dessus d'elle. La douleur fit redécoller la créature, emportant l'eldar avec elle.

« Sar'Ys ! Bon sang, qu'est ce que tu fais ? » s'écria Sar'Ael, toujours occupée sur la première créature.

« Je prends de la hauteur ! » puis elle murmura pour elle même « Par les Muses, j'espère que c'est une bonne idée... », tandis que la créature prenait de l'altitude, en oscillant.

Capturées par la Cabale de la Lame Scarifiée au cours d'un raid sur une planète mon keigh attaquée par une flotte ruche, les créatures Tyranides étaient très prisées des spectateurs des arènes. Privées de tout lien synaptique avec l'Essaim, elles offraient un véritable spectacle pour ceux assez privilégiés pour avoir l'occasion d'en apercevoir. Qui plus est, celles -ci avaient été améliorées par les soins du tourmenteur Raek. Bardées de tubes et de griffes améliorées, des sécrétions artificielles décuplaient leurs forces et leur endurance, pour le plus grand plaisir de la foule. Sar'Ael jura, lorsque la deuxième créature apparu à côté du pillier dressé devant elle. Intriguée, elle observa son comportement. Elle eut tout juste le temps de se jeter de côté, une gerbe d'acide projetée à des vitesses défiant l'imagination firent siffler le sable là où elle se tenait un instant plus tôt. Courant à toute allure vers le deuxième ratelier, elle vida les dernières aiguilles sur la première créature, qui commença à chanceler, puis jeta l'arme vide au loin. Sar'Ys se débattait tant bien que mal pour se maintenir sur le dos de la créature. Enfonçant profondément ses dagues sous les carapaces chitineuses, elle parvint à en acquérir le contrôle un instant.

« Sar'Ael ! Prépare toi ! » lança t'elle à sa soeur.

Sar'Ael continua à vider un deuxième canon éclateur sur la créature, en tentant tant bien que mal d'éviter la seconde. Agrippant les tuyaux conducteurs de fluides et faisant piquer le monstre, les canons venin crachèrent une rafale acérée vers leur cible. Perdant de l'altitude à toute vitesse, Sar'Ys se jeta à terre au tout dernier instant, au moment où les deux bètes se percutaient, dans une explosion de chair, de fluides, et de chitine brisées. Dérapant un instant sur le sable ocre de l'arène, elle fut bientôt rejointe par sa soeur.

« Je crois qu'il n'en reste qu'une... » lui lança t'elle en portant son regard vers la créature titubante, et en sortant sa lame courbe.

« Tu ne crois pas si bien dire ma soeur... que la meilleure eldar gagne ! » répondit Sar'Ael dans un sourire radieux, alors qu'elle aussi sortait ses lames.

Les deux soeurs s'élancèrent, leurs lames à la main, dans un ballet gracieux et mortel, vers la silhouette monstrueuse du tyranide. Dans une acrobatie magnifique, elles s'élevèrent, et leurs lames perforèrent au même moment la carapace céphalique de la créature, atteignant le cerveau dans une gerbe de fluide visqueux. La créature s'effondra, et les deux soeurs retombèrent sur leurs pieds. La foule se leva immédiatement, et le tonnerre d'applaudissement qui s'abattit sur l'arène manqua de briser les murs ouvragés. La foule scandait « An'rea ! An'rea ! An'rea ! ». La foule appelait les jumelles ! Savourant leur triomphe, elles perçurent au loin Dayonis quitter ses appartements, et les portes de l'arène s'ouvrir sur une cohorte de gardes. Elles seraient bientôt de retour dans les geôles...

* * *

Une voix. Une voix parvint à ses oreilles : « Elles ne devaient pas survivre Raek ! ». Dayonis. Elle était enchainée. Et nue. Sar'Ys ! Où était Sar'Ys.

« Ne vous inquiétez pas Monseigneur, j'ai un plan pour utiliser au mieux ces deux là... »

Raek. Raek le tourmenteur ! Elle ouvrit les yeux. Il faisait sombre et humide. Elle était enchainée, nue, face à une table d'obsidienne sur laquelle était entravée une autre eldar, tout aussi nue. Sar'Ys ! A côté de la table, elle pouvait apercevoir le cadavre de la créature ailée qu'elles avaient tué. Ainsi que des ustensiles ésotériques. Puis elle compris. Non !

« Ah ! Notre pensionnaire s'est éveillée ! » s'exclama Dayonis. « Vous pouvez commencer, Raek. »

« Vois tu Sar'Ael, je suis las de vous. Depuis tant d'années, vous refusez de mourir. Oh il aurait été si simple de vous tuer sur le champs, mais... ce serait moins... palpitant je dirais. Votre pathétique géniteur, au moins, a eu la décence de finir sa vie comme l'incapable qu'il était. Mais vous deux... vous persistez à vous accrocher à la vie. Il suffit ! J'en ai fini ! » S'en retournan, il alla s'assoir sur son trône, face à la table.

« Aujourd'hui, vous allez être changée ! Et demain... demain... vous vous entretuerez toutes les deux, dans le sang ! » lança t'il à Sar'Ael, en partant d'un grand rire.

Raek mis en marche ses outils et commença son oeuvre. Et avec lui, les cris de douleur atroces de Sar'Ys. Il l'avait paralysée, mais ses sens avaient été habilement décuplés pour ressentir la douleur à des niveaux jamais atteints, à la limite du supportable- et pour la grande extase de Dayonis. Ses cris déchirant emplirent la pièce, alors que le tourmenteur disséquait habilement les chairs de sons dos, pour venir y greffer les ailes de la créature, privées de leurs membranes. Prélevant une à une les glandes réceptrices de la gargouille, il les posa délicatement sur la table. S'immisçant toujours plus loin dans la chair de l'eldar, il se délectait de ses cris, et des débattements de sa soeur enchainée. Une a une, il greffa chaque glande, jusqu'à arriver à la dernière... Mais soudain, alors que la douleur arrivait à son paroxysme, quelque chose changea dans l'air. L'atmosphère se chargea d'un pouvoir mystique, alors que le regard de Sar'Ys demeurait vide. Devant le trône, sa soeur restait comme paralysée. Comme si un fil ténu reliait les deux soeurs. Raek recula d'un pas, un instant surpris. Agrippant une lame recourbée afin d'achever sa création, il n'eut jamais le temps de terminer son geste. Dans un cri psychique qui brisa leurs chaines, le lien psychique millénaire qui reliait les deux eldars s'éveilla. Sar'Ys, dont les sens étaient décuplés par les drogues et les glandes greffées arrêta net le bras du tourmenteur, et le brisa en deux comme une vulgaire brindille, rattrapant dans un geste fluide la lame qui trancha instantanément la gorge de son bourreau. Le corps sans vie, dont la stupeur pouvait encore se lire dans ses yeux malsains, s'effondra comme une pierre, dans une marre d'un sang épais et noir comme l'ébène.

Dayonis recula d'effroi devant la scène. Agrippant le pistolet éclateur à sa ceinture, il enclencha le mécanisme qui vaporisa la charge volatile dans le catalyseur, l'arme prête à faire feu. Mais au moment où il allait appuyer sur la détente, une voix résonna dans son esprit, et la douleur fut si lancinante qu'il en lâcha son arme, celle ci tombant lourdement au sol. Son esprit broyé par une force contre laquelle il était complètement démuni, Daynonis se retrouva genoux à terre, la pièce tournant autour de lui, alors que Sar'Ys se relevait péniblement de la table.

«A genoux ! A genoux, pathétique mon keigh !» la voix dans sa tête s'intensifia, alors que Sar'Ys le fixait d'un regard vide, son corps dégoulinant toujours de son propre sang, ses nouvelles ailes se déployant gracieusement dans son dos. Il hurla, et se tint les tempes fermement, comme si une force sans nom tentait de remuer son esprit avec un neurocide. Depuis des millénaires qu'il sillonnait la Galaxie, jamais il n'avait connu une telle souffrance. Et surtout... une souffrance de laquelle il ne tirait aucun plaisir !

« S... Sortez de mon esprit ! Sortez de ma tête ! Par les Muses, faites cesser cela !» Dayonis s'écroula, la douleur lancinante s'insinuant par delà tous les nerfs et récepteurs de son corps.

«Comme c'est touchant... notre nouvel ami appelle à l'aide ! Voilà qui est intéressant ! » répondit Sar'Ael en le toisant de toute sa hauteur.

« Votre esprit est aussi faible que les êtres qui rampent dans les marécages de Pech ! Et vous vous pensez digne de vous faire appeler Grand Voivode ? » renchérit Sar'Ys.

« P... pitié ! Faites cesser cela ! Par tous les maux, je vous en conjure ! » la douleur se fit alors plus intense encore, et brûla chaque terminaison nerveuse de son corps.

Sar'Ys se leva alors, repliant le reliquat d'ailes derrière son dos. Enjambant gracieusement le corps égorgé du tourmenteur, elle ramassa une lame recourbée tombée à terre, et en inspecta le tranchant en le parcourant d'un doigt délicat. Elle reposa son regard sur la forme repliée de Dayonis, jadis Grand Voivode de la Cabale de la Lame Scarifiée, et continua de fixer son regard, toujours silencieuse.

« Vous pensiez disposer de nous comme vous l'entendiez... faible, et naif par dessus tout ! Mais voyez vous... aujourd'hui...et après tant d'années...nous tenons enfin notre revanche ! » d'un geste ample et aussi rapide que la tempête, Sar'Ys fondit en avant, et trancha de part en part le cou de Dayonis. Sa tête se détacha lentement, comme si le temps lui même voulait ralentir cet instant, et alla rouler à côté de son corps, qui s'effondra tout d'un seul, dans une gerbe d'un sang noir et poisseux. Sar'Ys jeta alors la lame au loin, et se tourna vers sa soeur, de l'inquiétude dans le regard.

« Et maintenant, ma soeur?  »

Aussi nue que la première eldar à voir le jour, Sar'Ael esquissa un sourire, sous des cheveux poisseux et salis par les années passées à croupir dans des geôles insalubres, et lança à sa soeur :

« Sar'Ys... à présent... nous sommes la Cabale ! »

* * *


La courtisane exulta, alors que l'orgasme parcourait l'ensemble de son corps. Les scarifications rituelles que son partenaire traçait de sa lame, et les poisons enivrants injectés dans leurs corps, transformaient chaque sensation, chaque pulsion, en un cocktail de sensations uniques. Autour d'eux, l'orgie battait son plein. Les combats à l'arène avaient ouverts les appétits, et tous les nobles de la cours vaquaient à leurs occupations. Sous chaque arche et contre chaque pillier, des eldars se livraient à une débauche de plaisirs qui feraient frémir les Muses elles mêmes. Les cris de s'élevaient tels des odes en leurs noms, et chaque femme, chaque eldar qui exultait en était autant d'offrandes. Parquées dans des cages faites d'un métal noir aux pointes acérées, les terribles créatures des belluaires grognaient et griffaient, parfois dévorant les restes du cadavre d'un malheureux sacrifié pour le plaisir de la foule. Jalavhar observait sa cours assis sur son trône, à côté de celui de son propre père. Deux courtisanes, vêtues en tout et pour tout uniquement de leurs propres cheveux, s'occupaient de ses bons plaisirs, ce qui ne manquait pas de le ravir, d'autant plus que l'une d'elles étaient issue des Cultes de Lilithu, célèbres pour donner du plaisir avec n'importe quelles parties de leurs corps. Au centre, deux guerrières peu vêtues se laissaient aller à quelques passes d'armes gracieuses et langoureuses, sous les regards avides des notables de la cours du voivode Dayonis. Encadrant chaque accès, chaque arche et chaque porte ouvragée-certaines datant des temps lointains d'avant la Chute-, des immaculés flanqués de leurs épées et de leurs lances observaient, impassibles, la foule rassemblée et la débauche richement organisée. Soudain, lorsque ses courtisanes eurent terminées, Jalavhar se leva gracieusement, un verre cristallin à la main. Il descendit les quelques marches ouvragées qui menaient en contrebas, suivi de ses deux gardes du corps, puis lorsque la foule eut fait silence, il s'écria, un sourire radieux barrant son visage pâle :

« Mes amis ! Mes frères ! Mes soeurs ! Je voudrai aujourd'hui rendre hommage à mon père ! Le Grand Voivode Dayonis ! Que serions nous sans lui ? Qui a donc placé Sa Cabale, Notre Cabale, dans les hautes sphères de Commoragh ? Rendons hommage à Dayonis Athas ! Grand Voivode de la Cabale de la Lame Scarifiée ! »

Au moment où il eût terminé, la grande porte de la salle de réception vola en éclat, et deux gardes s'effondrèrent, en se tenant la tête de leurs mains, recroquevillés tels des foetus mort-nés. Les courtisanes reculèrent et se cachèrent, les nobles tirèrent leurs lames tandis que les belluaires avaient du mal à retenir leurs bêtes. A travers la poussière, deux silhouettes s'avancèrent, et l'ombre de l'une d'elles projetait au sol une ombre ailée, comme l'image d'une quelconque créature issue du Royaume Onni et qui terrifiait le peuple de la Cité Noire. Le souffle de Jalavhar se coupa lorsque la poussière retomba, et que les princesses apparurent, nues l'une comme l'autre.

« C'est... c'est impossible ! Vous devriez être mortes ! » s'écria t'il le souffle court.

Sans un mot, elles traversèrent la pièce, et les eldars s'écartèrent uns à uns, tant leur présence les pétrifiait. Certains murmurèrent à la vue du corps de Sar'Ys, et beaucoup d'autres s'interrogèrent quand ils virent ce que tenait Sar'Ael dans la main droite. Mais plus troublés encore furent les belluaires. Les bètes un instant plus tôt si agitées se calmèrent, puis se couchèrent une à une dans leur cage, sur le passage de Sar'Ys, comme si une entité supérieure capable de communiquer avec elles leur intimait de le faire. Nul ne tenta rien pour arrêter les jumelles de Valerion Azthar, ancien Voivode de la Cabale de la Lame Scarifiée, trahis et assassiné par Dayonis et les siens.

« Gardes ! Arrêtez les ! Qu'elles ne souillent pas une minute de plus cette pièce !» lança t'il aux deux intrues.

Nul ne bougea, et même les immaculés restèrent de marbre face à la scène. Les deux gardes personnels de Jalavhar eux mêmes restèrent en retrait. Car leur loyauté était autre. Sar'Ael s'avança, et jeta la tête du voivode Dayonis aux pieds de son fils, un cri de stupeur de la foule accompagnant ce geste fou.

« Ainsi périssent les traitres et les mon keighs.» lui lança Sar'Ael, en le toisant d'un regard noir, d'où perlait presque une larme.

« Non ! Père ! » s'écria Jalavhar en agrippant son pistolet éclateur.

La rafale d'aiguilles acérées traversa les airs en un instant, vers les silhouettes gracieuses des deux soeurs et vinrent éclater sur un bouclier d'énergie miroitant devant elles. Un sourire encadrant le visage des deux soeurs, Sar'Ael détacha le bouclier portatif attaché dans son dos, tandis que Sar'Ys plongeait son regard dans celui du fils du voivode, qui tomba à genoux, les dents serrées, le corps parcouru de spasmes douloureux qui terrassaient son esprit.

« Que... quelle est cette sorcellerie ! Que... » Jalavhar se tint les tempes, les membres paralysés par la tétanie et les spasmes incontrôlés.

Sar'Ael s'approcha alors du fils du traître, celui là même qui avait ordonné la mort de son père. Ce même père qu'il avait fait mourir sous les yeux de ses propres filles. Il avait pris le contrôle de leur Cabale, trahis leurs liens et fait verser le sang noble des Azthars. Aujourd'hui, cet affront allait être réparé. D'un coup sec, Sar'Ael agrippa les cheveux de Jalavhar, et agrippa la lame recourbée qui avait servi à occire Dayonis. Sans s'attarder, elle la planta sous le menton de Jalavhar, et tourna la lame d'un coup sec, brisant le manche et le jetant au loin. Dans un dernier soubresaut et une gerbe de sang, Jalavhar s'effondra. Les soeurs se tournèrent alors vers la cours :

«Ainsi périssent les traitres ! Vous qui avez jadis servi mon père ! Vous qui aviez jadis un sens de l'honneur ! Allez vous vous incliner face à ceux qui ont trahis ? Allez vous vous incliner, face à des fils de mon keighs issus des caniveaux ? Allez vous tolérer que des faibles et des larves marchent dans cette salle et mangent à vos côtés ? Nous sommes les filles de Valerion Azthar, fils d'Aenarian et Visenya Azthar ! A qui donc va votre allégeance ? Que représente donc ce nom à vos yeux ? Après tant d'années à braver la mort... en ce jour, nous tenons enfin notre revanche ! Que les traitres soient châtiés et traqués ! Que dans toute la Cabale les félons soit exterminés ! Que dans toute la Cabale des messagers soient envoyés ! Car en ce jour et après tant d'années, les Jumelles sont de retour ! »

Alors que dans toute la salle, des eldars criaient ou tentaient de fuir, les deux soeurs se retournèrent. Les deux trônent siégeaient toujours là, à présent vaquant. S'approchant d'un pas gracieux, les jumelles s'installèrent et contemplèrent la scène. La Cabale était de nouveau à elles et bientôt, les derniers traitres seraient exterminés. Leur père serait bientôt vengé. Jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un seul, l'instigateur de toute cette mascarade, le marionnettiste derrière le pantin : Asdrubael Vect, Seigneur de Commoragh.
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Arnar
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Jeu 14 Mar 2013, 01:57

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etinola
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Jeu 14 Mar 2013, 02:06

Toujours aussi distrayant

Les terribles jumeaux à quatre klaives , un dans chaque bras n'est-il pas Wink

Bon courage pour la suite !
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Lamenuit
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   Jeu 14 Mar 2013, 12:26

Pourquoi tant de haine envers les mon keighs Razz Question

_________________
En blanc je cause, en jaune je sors mes outils, en rouge je refais le portrait  Evil or Very Mad

On peut très bien se venger sans tuer. Il y a tout un art de la vengeance et il se pratique avec lenteur, sadisme et fourberie, souvent sans faire couler une seule goutte de sang.
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MessageSujet: Re: Chroniques de la Lame d'Opale.   

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